
La parenté des langues : langage et traduction selon Walter Benjamin
La parenté des langues
Langage et traduction selon Walter Benjamin
Et si le langage n'était pas d'abord social ? S'il n'était pas, contrairement aux apparences aveuglantes, un simple moyen d'exprimer quelque chose ? S'il était plutôt le milieu rendant possible l'expression ? Ce sont ces hypothèses qui fondent l'étonnante conception du langage de Walter Benjamin, exposée dans un texte difficile et inspirant écrit à l'âge de vingt-quatre ans et resté inédit du vivant de son auteur. Le langage ne serait pas d'abord communication mais nomination, c'est-à-dire aptitude à saisir le langage muet des choses pour lui conférer une forme plus parfaite - ce que fit, à en croire Benjamin, Adam nommant les animaux que Dieu lui présentait.
Qu'en est-il dès lors de la traduction ? se demande Benjamin. Elle ne saurait se réduire au passage d'une langue à une autre frayant aux lecteurs étrangers un accès à l'original, mais vise à rendre patente la parenté des langues, à réactiver le souvenir de la langue adamique et l'ardente aspiration à son retour, fût-ce sous une forme neuve, annoncé par certains textes prophétiques.
(sous réserve de confirmation)
Largeur : 14.0 cm
Epaisseur : 1.2 cm